Actualité politique

Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /2009 19:40

Depuis mars dernier, le CAC 40 a augmenté de 55 % et Wall Street de 53 %. Marchés : la fête continue titrait la journal patronal La Tribune le 13 octobre… Les profits des banques sont plus élevés qu’avant la crise et les bonus distribués sont exorbitants aux traders.
JP Morgan a annoncé un bénéfice de 3,6 milliards de dollars au 3e trimestre et les banques américaines ont distribué 140 milliards de bonus, plus qu’en 2007, l’année la plus florissante juste avant la crise.


En France, à un degré moindre, la situation est la même. L’origine de ces nouveaux profits « exorbitants » est simple : les banques ont reçu des prêts à des taux quasi nuls des États mais elles maintiennent voire augmentent le coût du crédit. La spéculation repart de plus belle, en huit mois le prix du pétrole a augmenté de 126 %. Les entreprises retrouvent la rentabilité de 2007, la plus forte depuis les années 1970. Cela grâce aux exonérations de ce que les patrons et l’État osent appeler les charges, grâce aussi aux licenciements, à la précarité, à l’intensification du travail.

Pour sauver le système financier, les États ont déversé des milliards de dollars ou d’euros. L’argent coule à flot pour les financiers, les spéculateurs et les riches, mais c’est aux travailleurs, à la population de payer la facture.
 
Le déficit de l’État explose, 140 milliards d’euros pour le prochain budget.


Pour nourrir la folle avidité des classes dominantes, Sarkozy va lancer son grand emprunt. Autant de nouveaux cadeaux aux riches auxquels l’État emprunte l’argent qu’il leur reverse de mille et une façons. Et la pression contre les salariés s’accentue sans cesse.
Christine Lagarde, la ministre de l’Économie, ne veut pas « prendre de mesure nationale qui plomberait le système financier ». Pas question de taxer les profits. Mais ce sont bien pourtant ces profits qui plombent toute la marche de la société, qui la ruinent, détruisent l’économie, les services publics.


Face à cette folie financière, une mesure de salubrité publique devrait s’imposer : la nationalisation des banques sous le contrôle des travailleurs et de la population.

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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /2009 07:42

Migrants police.jpg

Le 22 septembre a eu lieu l'opération médiatico-policière orchestrée par le ministre de l'Immigration, en présence de plus de 200 journalistes: l'évacuation et la destruction, à coups de bulldozers et de bûcherons, de la Jungle de Calais. 276 exilés afghans, dont 135 se présentant comme mineurs, ont été interpellés.

 

 

Les No Border ont tenté de s'interposer en faisant une chaîne humaine de protection autour des afghans.. Dans la violence, les cris et les larmes, les policiers procèdent à ce qu'ils n'ont pas peur d'appeler le «tri», de honteuse mémoire, entre mineurs, placés en foyer, et majeurs, menacés de retour forcé dans un pays en guerre. Le tout au grand soulagement de Natacha Bouchart, maire UMP de Calais, nullement choquée par la brutalité de cette rafle, et devant un Besson satisfait qui se félicite de « l'humanisme » de l'intervention.

Après les propos ouvertement racistes d'Hortefeux, cette opération de ratissage est un nouveau signal en direction de l'électorat le plus réactionnaire. Elle s’inscrit dans une série de surenchères racistes qui visent à stigmatiser les immigrés, pour en faire des boucs émissaires de la crise. 


Après Sangatte...

Limite de l'espace Shengen, le littoral français est un passage obligé pour de nombreux étrangers en partance pour l'Angleterre. Ils sont plus de 67000 a avoir transité par Sangatte de 1999 à 2002.


Contrairement aux déclarations fanfaronnantes de Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, la destruction très médiatisée de l'immense hangar de Sangatte après 2002 n'a pas «réglé» le problème des exilés, qui se sont éparpillés dans des camps de fortune aux alentour de Calais. Cette région est devenue emblématique de la détresse des exilés. Organisés par nationalités, ce sont environ 1500 migrants qui s'entassent dans des «jungles», zones industrielles ou terrains boisés laissés à l'abandon, où ils construisent des abris rudimentaires et survivent dans des condition d'hygiène et de sécurité atroces, sous une pression policière permanente: réveil aux lacrymos, gazages des affaires personnelles, etc. La municipalité de Calais refuse même de construire des douches sur le campement afin d'ostraciser encore plus une population en souffrance.


C'est grâce à la mise en place d'un réseau de solidarité militante et citoyenne que les migrants ne sont pas totalement abandonnés. Parmi les plus actifs, le groupe des No Border qui milite pour la liberté de circulation, la fin des contrôles et des frontières, et qui installe, comme en juin 2009, des camps de sensibilisation et mobilisation autour des exilés, malgré une dissuasion policière oppressante et violente.


Les contrôles migratoires sont renforcés dans la région afin d'en chasser les étrangers, Irakiens, Afghans, Iraniens. Mais cette traque n'a pas l'effet escompté par les autorités, la plupart des interpellés n'étant pas reconductibles à la frontière. Relâchés au bout de 24 heures avec une injonction de quitter le territoire, ils reviennent régulièrement se réinstaller. Certains quartiers du Nord et de l'Est parisien sont devenus des lieux de transit.

C'est la  véritable hypocrisie d'un État qui veut montrer qu'il agit, tout en étant conscient de la portée limitée de ses actes, et qui refuse de réfléchir aux causes profondes des migrations. Ce sont les mêmes gouvernements occidentaux qui bombardent l’Irak, l’Afghanistan et pourchassent ici ceux qui ont fui la misère et la mort. 


Un exemple du traitement judiciaire des exilés....

Arrêtés après le démantèlement de la Jungle, les migrants ont été éparpillés en centre de rétention un peu partout en France, afin de les couper de leurs soutiens. Suite à la constatation de l'irrégularité de la rétention par les Juges de la détention et de la liberté (JDL), le Parquet fait appel de la demande d'annulation. 40 Afghans se retrouvent ainsi devant le tribunal de Nîmes. Se tient alors une parodie de justice (avocats débordés, interprètes incompétents, dossiers égarés) et refus de toutes les requêtes des Afghans, y compris celles de reconnaissance de minorité ou les demandes d'asile. Retour au centre de rétention avant expulsion vers l'Afghanistan.


On assiste à un traitement de masse avec procédure d'urgence, sans moyen pour un examen individuel des situations. Atteintes aux droits de la défense, non respect des procédures, erreurs préjudiciables aux droits des personnes, l'Europe Forteresse n'a pas fini de bafouer les Droits de l'homme. 


Politique européenne d'immigration

Cette politique de chasse aux immigrés se mène à l’échelle européenne et un consensus unit aussi bien les gouvernements de droite que ceux dirigés par la « gauche ». L'Europe a mis au point une série d'outils pour contrôler les flux migratoires et rendre hermétique et dangereux l'accès à ses frontières (Frontex, Eurodac, Dublin II). Cette politique de contrôle de l’immigration est malheureusement partagée par la majorité du PS. Cet été, c’est Delanoë qui faisait expulser les exilés du 10eà Paris, « pour leur bien ». Cette politique est cynique car aucune solution n'est offerte aux migrants qui, quelques jours plus tard, se sont à nouveau rassemblés, après avoir subi les violences et humiliations policières. Ni le « médiatique » Jack Lang (député de la région) ni le PS ne se sont montrés aux côtés des migrants .


Au contraire, le NPA veut construire la résistance, nous faisons tout pour stopper cette politique. Il faut faire converger les différents réseaux (No Border, RESF, collectifs sans-papiers, syndicats, partis…) dans un vaste mouvement pour la régularisation de tous les sans-papiers, l’arrêt immédiat de toute la chasse aux immigrés et la liberté de circuler. La manif unitaire au départ du ministère de la Régularisation de tous les sans-papiers est une étape importante de la mobilisation. Descendons tous dans la rue le 10 octobre pour dire stop à cette politique raciste !


Gisèle Felhendler, Antoine Boulangé


Lien vidéo :
http://www.dailymotion.com/user/megaphone01/video/xa56r4_violences-policieres-envers-les-mig_news

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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 19:07

«Nous, politiques, syndicalistes, chercheurs, médecins, associatifs, tous signataires de l’appel, demandons aux pouvoirs publics d’ouvrir au plus vite le débat.


«La lutte contre la pandémie de grippe A ne pourra se résumer à une seule réponse technique, agrémentée de choix individuels. Elle doit être une réponse collective. L’histoire a tranché. Une pandémie n’a jamais été vaincue par une seule riposte technico-médicale aussi fine soit-elle. C’est aussi la solidarité, l’aide, le souci de l’autre qui permettent d’éviter les emballements, les dérapages, les exclusions en tout genre.


«Quelle que soit la force de la pandémie, ce sont les plus démunis, les plus isolés, les plus fragiles qui se retrouveront sans défense face à ce virus. Les pandémies ont toujours agi comme un reflet des trous noirs d’une société. Des enjeux éthiques importants peuvent se poser brutalement, mettant en danger les libertés de chacun. Des mesures dérogatoires pourront être prises.


«Se pose cruellement la question de la solidarité internationale, en termes d’accès aux traitements et bien sûr d’accès au vaccin. Alors que l’on évoque l’accès universel à la santé, aucune initiative internationale n’a été à ce jour réellement lancée pour relever ce défi.


«Au-delà des questions nécessaires du vaccin, des stocks d’antiviraux, des gestes barrières, il y a urgence à mobiliser la société autour de ses valeurs. Les décisions ne doivent pas être prises dans un cénacle d’experts. Le débat doit s’ouvrir sur les enjeux humains et sociétaux des stratégies de lutte contre la pandémie. Avec un souci : préserver les règles de la démocratie dans la gestion de cette crise.


«Face au risque, encore hypothétique, de l’arrivée massive de ce virus, nous appelons à sortir de nos réponses toutes faites, à casser les barrières, à ouvrir les initiatives, à mobiliser l’énorme tissu associatif. Nous appelons, chacun et les pouvoirs publics en premier chef, à en débattre. Et à mettre au premier plan de la riposte collective, la solidarité.»




Cet appel a été déjà été signé par des médecins et chercheurs  :


Françoise BARRE-SINOUSSI, prix Nobel de Médecine, Willy ROZENBAUM, Gilles PIALOUX, Jean-Philippe DERENNE, André GRIMALDI, René FRYDMAN, Bernard HOUSSET, François AUBART, Bernard REGNIER, Didier TABUTEAU, Elisabeth SLEDZIEWSKI, Corinne PELUCHON, Roland SCHAER, Didier SICARD, Véronique FOURNIER, Emmanuel HIRSCH, Marie de HENNEZEL.

Par des politiques et des syndicalistes : Martine AUBRY, Noël MAMÈRE, Cécile DUFLOT, Michèle RIVASI, Marie-George BUFFET, Olivier BESANCENOT, Jean-Marie LE GUEN, Delphine BATHO, Manuel VALLS, Aurélie FILIPPETTI, Jean-Paul HUCHON, Marisol TOURAINE, Arnaud MONTEBOURG, Jean-Louis BORIE (Syndicat des avocats de France), Emmanuel PERREUX (Syndicat de la magistrature, Antoine LAZARUS (Groupe information-prison), François CHÉRÈQUE (CFDT), Alain OLIVE (Unsa), Annick COUPÉ (Solidaires), Gérard ASCHIERI (FSU).


Par des responsables d’ONG et d’associations :

Olivier BERNARD (Médecins du Monde), Marie-Pierre ALLIÉ (Médecins sans frontières), Rony BRAUMAN, Stefania PARIGI (Samu social), Patrick DOUTRELIGNE (Fondation Abbé-Pierre), Bruno SPIRE (AIDES), Christian SAOUT (Collectif des usagers de la santé), Christophe DELTOMB (Emmaüs), Claude RAMBAUD (le Lien), Elsa COHEN (Confédération des familles), Arnaud de BROCA (Association des accidentés de la vie), Claude Finkelstein ( Association de patients et ex-patients en psychiatrie)…

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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /2009 19:22

Depuis un an, la violence patronale s’abat sur les salariés : fermetures d’entreprise par centaines, licenciements, précarité et chômage partiel, non remplacement des départs en retraite.


 Et l’Etat employeur fait la même chose dans le secteur public. Les capitalistes font payer leur crise aux salariés. Aujourd’hui l’emploi n’est qu’une ligne dans les comptes de résultat des entreprises. Pourtant, avoir un emploi et un salaire est indispensable pour assurer nos besoins, garantir notre santé, notre logement, notre retraite. Il n’est pas acceptable de vivre dans une société où ce besoin élémentaire soit soumis aux fluctuations de la Bourse et surtout au calcul des profits de quelques milliardaires. Nous devons faire du droit à l’emploi une question politique, un choix de société. Nous devons imposer le droit de chacun d’avoir un emploi stable et bien rémunéré, sinon aucun des autres droits politiques et sociaux n’a de réelle valeur. Les dirigeants politiques, de droite comme de gauche, font de grandes déclarations sur la défense de l’emploi, contre les patrons voyous, mais ne veulent pas remettre en cause la règle sacro-sainte du capitalisme qui dit que le patron est maître de son entreprise et donc de l’emploi de ceux et celles qui y travaillent. Nos aînés, par les grèves et les mobilisations, ont imposé le droit à la Sécurité sociale, aux congés payés, à la retraite… des conquêtes qui semblaient inaccessibles il y a un siècle. Aujourd’hui, nous pouvons, par les mêmes moyens, imposer le droit à l’emploi ! 


Interdire les licenciements


Il faut interdire les licenciements, tous les licenciements mais pas boîte par boîte, dos au mur. Non, les interdire totalement en enlevant aux patrons le droit exorbitant d’avoir pouvoir de vie ou de mort sociale. Les emplois doivent cesser d’être une variable d’ajustement pour le maintien des profits. Le statut des salariés des entreprises privées doit être refondé. Le droit de licenciement doit être supprimé. En cas de diminution de la production, le temps de travail doit être réduit sans perte de salaire ; en cas de modification de la production, l’entreprise, le groupe, la branche doivent être responsables de la continuité de l’emploi du salarié, en assurant son salaire, la poursuite de sa carrière et de sa formation. Il faut reporter la responsabilité totale d’une suppression de poste du salarié sur le patronat qui se décharge de ses responsabilités. Un fond de financement mutualisé, financé par le patronat, doit, dans tous les cas, permettre le maintien des salaires par-delà les aléas de telle ou telle entreprise. Quand un emploi est supprimé dans une maison mère de l’automobile, par exemple, de nombreux autres sont supprimés silencieusement dans les filiales et la sous-traitance. Il faut instaurer une responsabilité pleine et entière des emplois du secteur par les donneurs d’ordre, par l’entité patronale collective. 


Travailler moins pour travailler tous


Le chômage partiel ou total, la précarité et le temps partiel explosent mais les patrons et le gouvernement n’ont qu'une obsession : nous faire travailler plus, la nuit, le dimanche et les jours fériés, faire des heures supplémentaires, repousser l’âge de la retraite, travailler pendant les arrêts maladie ou les congés de maternité. Cela semble dingue, pourtant il y a bien une logique commune à toutes ces attaques : revenir sur tous les acquis des luttes ouvrières qui ont réussi à imposer des limites à l’exploitation sans borne dont rêvent les patrons. A l’opposé, la règle doit être l’interdiction du travail de nuit ou le dimanche et les exceptions ne doivent concerner que les besoins vitaux.

Les salariés ne sont pas la variable d’ajustement. L’emploi est un droit qui doit être garanti à toutes et tous. Il faut donc ajuster la durée hebdomadaire à l’emploi et pas l’emploi aux profits.

Mécaniquement, une réduction du temps de travail pour toutes et tous à 32 heures, c’est 11 % d’emplois en plus, de quoi en finir immédiatement avec le chômage. La réalité est plus complexe, mais c’est le choix de société qui doit être fait, le choix de travailler toutes et tous, afin de dégager du temps pour vivre. Le chômage ne profite qu’aux patrons qui s’en servent comme moyen de chantage.

Il faut réduire immédiatement la durée hebdomadaire du travail à 32 heures, avec embauches correspondantes et sans perte de salaire. La durée du travail doit être effective et contrôlée, le forfait jour aboli. Les cadences doivent être réduites. Si cette réduction n’est pas suffisante, il faut la poursuivre jusqu’à la disparition du chômage. 


Un seul contrat de travail : le CDI à temps plein


Les patrons et les gouvernements successifs ont encouragé les emplois précaires et à temps partiel. Ils signifient par définition statut précaire, salaire partiel, retraite partielle. En France, le taux d’emploi précaire a plus que doublé entre 1983 et 2008, passant de 5,4 à 13 %, soit plus de 2,8 millions de salariés en contrats à durée déterminée, intérimaires, stagiaires. L’Etat employeur ne montre pas l’exemple puisqu’en 2007, un salarié sur trois en CDD était dans le secteur public ! Les chiffres globaux rendent mal compte de la réalité, car la précarité est très inégalement répartie, elle frappe prioritairement les jeunes, les femmes, les travailleurs et travailleuses d’origine étrangère… que dire quand on est les trois à la fois !

Pour le NPA, la précarité, sous ses différentes formes, doit être interdite. Tous les contrats précaires doivent être convertis en emplois statutaires ou en CDI. Les temps partiels doivent être convertis en temps plein sur simple demande des salariés concernés. L’intérim n’a aucune utilité sociale mais représente une source de profits énormes sur le dos des salariés, elle  doit être interdite tout comme les différentes officines privées de placement, pour que soit créé un véritable service public de l’emploi. 


Vivre, pas survivre


Le Revenu de solidarité active (RSA) qui remplace le RMI, l’Allocation Parents isolés (API) et les primes forfaitaires de retour à l’emploi, veut obliger les bénéficiaires d’accepter un petit boulot sous-payé, en généralisant le temps partiel et les conditions de travail dégradées. Le RSA fait passer de petits contrats (dix heures par mois) pour de véritables emplois. Au-delà de deux refus d’offre d’emploi, le RSA est supprimé et l’allocataire se retrouve sans revenu. Nous pensons, contrairement à toutes les campagnes de culpabilisation, que les chômeurs ne sont pas responsables du chômage, ils n’ont donc pas à en faire les frais. Il y a urgence à augmenter tous les revenus et minima sociaux de 300 € net. 1500 € net, c’est le minimum pour vivre correctement dans les conditions actuelles d’organisation de la société, ce minimum doit être garanti à toutes et tous, jeune ou à la retraite, actif ou privé d’emploi, handicapé ou non. Pour les salariés, le salaire minimum, c’est le salaire d’embauche, sans qualification, sans ancienneté, pas un plancher auquel on reste cloué toute sa vie professionnelle !

Les jeunes figurent parmi les premières victimes de la crise. Depuis un an, le chômage des 18-25 ans a augmenté de 32%, pour atteindre 23,5%. C’est presque trois fois plus que les chiffres touchant les 25-49 ans. Plus de 400 000 jeunes sans emploi de moins de 25 ans se retrouvent sans minimum social. Face à cette situation désastreuse, nous revendiquons une Allocation d’autonomie pour tous les jeunes de 16 à 25 ans à hauteur du Smic pour permettre à tous et toutes de vivre et se former librement. 


Des emplois pour développer les services publics


Alors que les entreprises privées profitent de la crise pour licencier massivement, le gouvernement poursuit sa politique de démantèlement des services publics et de réduction drastique des emplois. Obéissant à une logique de rentabilisation des services publics, l’Etat est devenu le premier employeur de précaires et le premier licencieur du pays. Dans le cadre de la RGPP (Révision générale des politiques publiques), les services publics sont restructurés selon des principes de management venus du secteur privé. Le gouvernement prévoit ainsi, avec la loi sur la « mobilité », la possibilité de licencier les fonctionnaires si ces derniers refusent de s’adapter aux restructurations administratives de leur service. L’Etat se dote ainsi d’un outil légal pour procéder à une vague de licenciements et à une précarisation de l’emploi public. Cette loi permet également d’élargir le recrutement de non-titulaires et d'intérimaires, déjà très utilisés dans la fonction publique, avec les nombreux contrats de courtes durées, sous-payés et permettant de disposer d’une réserve de travailleurs précaires, corvéables et dociles.

Dans le contexte de crise actuelle du capitalisme, le gouvernement poursuit ainsi sa politique de libéralisation des services publics, au détriment de l’intérêt général et des travailleurs. Nous réclamons l’arrêt des suppressions de postes et des licenciements, ainsi qu'une titularisation de tous les précaires du secteur public. Il ne s’agit pas seulement pour le NPA de rattraper les milliers de postes supprimés ces dernières années, mais de créer de nouveaux emplois dans le cadre d’un service public qui répond aux besoins sociaux de tous et de toutes, et aux besoins écologiques, par exemple dans des services publics de l’énergie ou des transports collectifs. 


Un affrontement social et politique


Nos propositions correspondent aux intérêts des salariés, de l’immense majorité de la population.

Imposer le droit à l’emploi garanti pour toutes et tous, c’est retirer aux patrons le droit de licencier, et donc remettre en cause leur pouvoir de gérer impunément toute l’économie et les conditions de vie de la population. C’est bien à ce pouvoir que se heurtent tous ceux et toutes celles qui se sont battus ces derniers mois contre les licenciements et les fermetures d’entreprises. Défendre l’emploi impose de se heurter de front au patronat qui défend des intérêts inverses à ceux des salariés, avec pour enjeu la répartition des richesses. Pour imposer de réelles avancées sociales et bloquer les attaques patronales, nous avons besoin d’un mouvement d’ensemble national, d’une grève générale, et pas sur une seule journée. Là encore, cela n’a rien de chimérique. Les Guadeloupéens nous ont montré la voie à suivre, il y a quelques mois. Ils ont obtenu, par six semaines de mobilisation, bien plus que les journées d’actions menées en France de janvier à juin. De même, les Conti ont obtenu 50 000 euros de primes qui n’étaient pas prévus dans les plans patronaux. C’est donc bien de la détermination et de l’unité dont nous avons besoin.

Par Comité Montargis - Publié dans : Actualité politique
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /2009 19:15
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L’affichage par certains pays comme la France d’une croissance économique positive permet au gouvernement de parler de reprise. Il n’en est rien.


Le chômage est toujours à la hausse et le pouvoir d’achat à la baisse.


Tout d’abord  les chiffres faiblement positifs n’ont pas grande signification. Ils sont en grande partie dus à la résorption de stocks considérables accumulés par les entreprises au cours des mois précédents en raison du fort ralentissement de leur activité.


De plus, les mécanismes mêmes qui se mettent en place en réaction à la crise ne font que préparer son aggravation future. Ainsi, l’augmentation importante de l’épargne de ménages aux Etats-Unis va plomber la demande intérieure, alors même que leur consommation, jusqu’alors fondée sur le surendettement, compte pour 70% dans la croissance.


Par ailleurs, une grande partie du petit sursaut conjoncturel est le résultat direct des dépenses des Etats dans le cadre des plans de relance. Fondés sur l’emprunt public sans augmentation des impôts, ils risquent d’avoir deux conséquences à court terme : la constitution d’une nouvelle bulle spéculative autour des titres de la dette publique – pour le plus grand bénéfice des rentiers – et la mise en place par les gouvernements de mesures d’austérité destinés à faire payer à la majorité de la population les déficits publics qui se sont creusés. L’industrie automobile, épicentre de la crise dans l’industrie, ne tient le coup pour le moment que grâce à la prime à la casse, sans que sa crise structurelle soit résolue.


En Europe, les principales économies, en premier lieu l’Allemagne, comptent avant tout sur la course à l’exportation pour assurer la reprise ce qui implique de nouvelles pressions à la baisse sur les salaires et une recherche de nouveaux débouchés dans les pays dits « émergents » qui ressemble à une fuite en avant. En effet, si l’économie chinoise connaît une certaine reprise, celle-ci est surtout due à son gigantesque plan de relance et il est peu probable qu’au stade actuel elle puisse jouer le rôle de débouché de substitution et de locomotive de la croissance mondiale.


Dans ces conditions il n’est pas étonnant que les derniers chiffres annoncés pour la France par l’Insee soient venus doucher les enthousiasmes : les patrons ont revu à la baisse leurs prévisions d'investissements pour l'année en cours. Après avoir stagné en 2008, l’investissement manufacturier devrait enregistrer une chute record de 23 %, avec à la clef une perte nette de près de 55 000 emplois, surtout dans les secteurs des biens intermédiaires et d'équipement.


La principale manifestation de la crise aux yeux de millions de personnes, à savoir le chômage et le sous-emploi, ne va évidemment certainement pas reculer. Même en tenant compte de la reprise qu’il anticipe, le FMI prévoit une poursuite de la montée du chômage dans le monde au moins jusqu’en 2010 et 2011. De plus, il ne s’agit que de statistiques officielles qui laissent largement dans l’ombre une grande partie du sous-emploi réel. Avec l’emploi, la sécurité sociale, les retraites et le temps de travail, le salaire fait partie des attaques que les classes dominantes poursuivent pour tenter d’assurer leur sortie de la crise.


Bref, il n’y a guère que la Bourse qui connaisse une vraie reprise… 


Stéphanie Treillet
 

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