Initiatives d'ailleurs

Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 18:14

La vantardise de Robert Bourgi a confirmé un secret de polichinelle. En révélant, lors d’une interview sur RTL en septembre dernier comment les réseaux néocolonialistes avaient réussi à virer Bockel, secrétaire d'État à la coopération, Bourgi provoque un malaise. Les chroniqueurs de droite feignent de découvrir le pouvoir de ces réseaux et s’en offusquent. Malaise aussi du côté du gouvernement qui, sans démentir les faits, se contente de réaffirmer que Bourgi n’occupe aucune fonction officielle.


Quant aux experts qui nous annoncent, à longueur de pages, que la Françafrique n’existe plus, ils en sont de nouveau pour leur frais. Il est vrai que certaines situations prises isolément pourraient le faire croire.


Depuis la fin du Giscardisme, deux tendances existent sur la manière de conduire la politique africaine de la France. Elles ont un socle commun – celui de pérenniser et optimiser la relation impérialiste que la France impose à l’Afrique – mais divergent sur les manières d’y parvenir. La première tendance est celle des réseaux africains mis en place par Foccart, qui rassemblent hommes d’affaire, barbouzes, militaires et hauts fonctionnaires autour de liens d’affaires, d’amitiés, de faits d’arme et/ou de loge maçonnique, etc. La seconde, qui se veut moderniste, pense que la France doit, non pas rompre, mais prendre ses distances avec ces réseaux, jugeant leur action néfaste à sa réputation et l’entraînant dans des situations préjudiciables au niveau de la politique étrangère. Ces deux approches ne sont pas liées à un courant politique particulier et traversent les gouvernements de droite comme de gauche.


Mitterrand, proclamé candidat du changement, tentera de prendre ses distances avec les réseaux africains, notamment après les frasques de Giscard et de Bokassa en Centrafrique. Jean-Pierre Cot au Ministère de la coopération en 1982 tentera d’instaurer une certaine moralisation en développant une relation plus conforme au standard international avec les anciennes colonies. La suite est connue : démission de J.P. Cot du gouvernement et victoire des réseaux africains qui auront défait, pour longtemps, la tendance moderniste. Mitterrand rentrera dans le rang. Il fera parrainer par les réseaux africains son fils qui deviendra ainsi le responsable de la cellule africaine de l'Élysée et sera connu, sur le continent, sous le sobriquet de Monsieur « Papamadit ». Ensuite il continuera une carrière classique, identique à celle de ses parrains trafiquant d’armes, notamment vers l’Angola, avec son collègue Pasqua. Quant au père, il impliquera la France, son armée et ses barbouzes dans le génocide des Tutsis au Rwanda ; sa femme, Danièle Mitterrand, s’occupera de l’humanitaire avec « France.-Libertés » (Par égard à la culture, on n’évoquera pas le neveu).


Sarkozy, proclamé candidat de la rupture, lui aussi décide de prendre ses distances avec les réseaux africains. Ainsi, le secrétaire à la coopération, Jean-Marie Bockel, entame une timide avancée dans une interview au Monde en janvier 2008, sous couvert d’appliquer la politique de Sarkozy. Il prend soin de n’attaquer aucune personnalité et pense qu’il fera mieux que Cot. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, Bockel sera débarqué quelques semaines plus tard.


L’impossible rupture

Il est de bon ton de relativiser l’intérêt économique de la France pour l’Afrique, mais la réalité des chiffres démontre le contraire. Les échanges économiques en 2008 s’élevaient à plus 52 milliards d’euros. Le CIAN (Conseil Français des Investisseurs en Afrique) annonce 40 milliards d’euros de chiffre d’affaire pour les 80 entreprises adhérentes à cet organisme. Les principaux secteurs économiques (logistiques, le bâtiment, les transports, eau, télécom…) sont aux mains des filiales françaises. En bref, comme le résume en avril 2008 sur le site Linternationalmagazine.com le patronat français et les financiers anglophones : « L’Afrique reste très rentable ».


Mais l’impérialisme français est confronté directement à la concurrence des autres impérialismes. Les Chinois tout d’abord : la valeur des échanges passe de 817 millions de dollars en 1997 à 10 milliards en 2000 pour dépasser les 100 milliards en 2008. La courbe est identique pour l’Inde : en 1991 les échanges commerciaux étaient de 967 millions de dollars pour culminer à 35 milliards en 2008. Il est vraisemblable que ce volume augmente peu car l’économie indienne est beaucoup moins tournée vers l’exportation contrairement à sa voisine asiatique.


A cela s’ajoute la volonté des États-Unis de diversifier leurs sources d’approvisionnement, notamment en pétrole. Les pays visités par Hillary Clinton comme l’Angola et le Nigeria montrent l’importance de cette voie considérée comme un des éléments de la sécurisation énergétique du pays. Cette volonté états-unienne est, pour la France, une réelle menace. Le seul avantage concurrentiel de la France – pour parler comme les économistes libéraux – réside justement dans les réseaux néocolonialistes qui ont construit un système simple mais efficace : les dirigeants africains favorisent les entreprises françaises qui, à leur tour, les subventionnent. Le « plus » réside dans la protection politique et parfois militaire de la France. En d’autres termes, faire du Bizness avec les entreprises françaises c’est la garantie de s’enrichir, mais c’est aussi la garantie de rester au pouvoir ou de le conquérir !


C’est ainsi que la politique française en Afrique agit sur deux fronts : préserver le personnel politique acquis aux intérêts de la France et encourager la déstabilisation de ceux qui ont une quelconque velléité d’autonomie vis-à-vis des exigences de l’ancienne puissance coloniale. Les crises récentes qui secouent l’Afrique francophone témoignent de cette situation.

Le Niger vient de passer un accord avec Areva pour l’exploitation d’Imouraren, la plus grande mine d’uranium. En contrepartie, le président nigérien Tanja peut dissoudre l’Assemblée nationale puis le Conseil constitutionnel, interdire les manifestations, réviser la Constitution par un vote truqué frôlant les 98 % et emprisonner les opposants. La France se contente d’appeler …à la « retenue ».

 


Au Congo Brazzaville, un des fiefs de Total et Bolloré, les élections ont eu lieu le 12 juillet. Quelques mois avant, le 28 mars Sarkozy déclarait : « grâce au Président Sassou Nguesso, le Congo a retrouvé la stabilité et la sécurité ». Après ce soutien officiel, des députés UMP se sont transformés en observateurs électoraux et ont affirmé que les conditions d’élection étaient bonnes, légitimant les 78.6% de voix recueillies par Nguesso. Ils sont allés jusqu’à protester contre le « néo-colonialisme » du représentant de l’Union européenne, Miguel Amado, qui doutait de la sincérité du scrutin. (Lire l’entretien ci-dessous)

 


A Madagascar, la France soutient l’homme d’affaire Rajoelina qui a fomenté un coup d'État contre l’autre homme d’affaire Ravalomanana qui avait développé une politique plus indépendante que ses prédécesseurs. Ce soutien à Rajoelina se double d’un soutien à la mouvance plus indépendante de Didier Ratsiraka qui bénéficie des avions de l’ETEC pour se rendre aux conférences de sortie de crise à Maputo.


En Mauritanie, après avoir officiellement condamné le coup d’Etat qui a démis le président élu, Sarkozy l’a justifié, pour ensuite soutenir, sans réserve, un processus électoral entaché de fraudes pilotées par Bourgi et le représentant local de la DGSE. Le but: faire entériner par la communauté internationale le fait accompli du putsch.

Au Gabon, la plupart des candidats aux élections présidentielles, après le mort de Bongo, n’avaient jamais manifesté de volonté de rupture avec Paris. En toute logique, la France aurait dû respecter une totale neutralité. Et pourtant Bourgi a défendu la candidature du fils Bongo, Ali. Et une fois proclamé vainqueur, Sarkozy s’est précipité pour le féliciter, alors que les preuves de fraudes s’accumulaient.


L’analyse détaillée de la relation impérialiste de la France vis-à-vis de l’Afrique montre que ces officines africaines restent un passage incontournable pour la défense des intérêts des multinationales françaises. Plus la concurrence s’aiguise et plus ces réseaux vont se resserrer et s’opposer frontalement aux exigences de démocratie des peuples africains. Non que la démocratie risque de changer un tant soit peu la nature des relations impérialistes françafricaines. Elle risque simplement de marginaliser un système construit depuis des années. En ce sens, la politique de la France est l’obstacle majeur à la démocratie en Afrique. C’est sur cette compréhension que se développe notre solidarité anti-impérialiste avec les peuples d’Afrique.


Paul Martial

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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 10:13


Depuis le résultat du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, la classe politique locale et européenne n’en finit pas de se congratuler : 67% de « oui » ! Avec un taux de participation de 59%, supérieur à celui de juin 2008, lorsque le « non » l’avait emporté ! Bientôt le « non » irlandais n’aura jamais existé ! Cet épisode est une nouvelle confirmation du caractère congénitalement antidémocratique de l’Union européenne.


Quand, par hasard, les peuples sont consultés, la seule réponse possible est « oui ».

Quand, malgré tout, c’est « non » alors, les gouvernements piétinent la volonté populaire (comme ce fut le cas en France et aux Pays-Bas) ou font revoter (comme au Danemark puis en Irlande) jusqu’à obtenir un résultat conforme à leurs espérances.


Cette fois, les partisans du « oui » n’ont reculé devant aucun chantage. Les salariés ont été inondés de propagande expliquant que la préservation de leurs emplois dépendait de la victoire du « oui ». Les autorités universitaires ont agi de même, prétendant que les fonds alloués à la recherche étaient conditionnés au « oui ». Les fonds de l’Ibec – le Medef irlandais – ont grassement subventionné une myriade de groupes prétendant incarner la « société civile » et naturellement tous favorables au « oui ». Le PDG de Ryanair s’est offert des pages entières de publicité pour le « oui ». Les grands médias ont favorisé de manière éhontée les partisans du traité de Lisbonne, d’ailleurs soutenu par les deux grands partis de droite, par le Parti travailliste irlandais et la direction des syndicats.


Malgré ce rouleau compresseur, quelques bastions du « non » ont résisté, comme les quartiers les plus populaires et les plus pauvres de Limerick. La cote du Premier ministre est d’ailleurs dans le pays au plus bas.


Mais, globalement, la large victoire du « oui » sanctionne un vote de la peur, sur fond de crise économique, de récession et de catastrophe sociale. Alors même que les « politiques européennes » de l’UE ne vont pas manquer d’en aggraver les conséquences.

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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /2009 07:46

Au-delà des décisions – fort modestes – prises par les dirigeants des grandes puissances lors du sommet de Pittsburgh, l’événement marquant du G20 est la nouvelle tentative des principaux pays impérialistes de construire un semblant de « directoire mondial ». 

La réalisation de cet objectif passait forcément par la prise en compte des nouveaux rapports de force mondiaux et, donc, l’ouverture du cercle fermé des maîtres du monde au Brésil, à la Chine et à l’Inde.

 

 

Ces pays seront désormais associés aux décisions et le « G20 » est appelé à se substituer en quelques années au G8. Accessoirement, ce rééquilibrage se traduira aussi par une modification très limitée de la ventilation des droits de vote au sein du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.


Si le G20 a, en apparence, évoqué de nombreux sujets, les résultats concrets sont maigres et servent surtout à de réjouissants exercices de communication politique, chaque chef d’État s’efforçant de convaincre que ce sont ses thèses qui l’ont emporté. Comme il fallait s’y attendre, Nicolas Sarkozy remporte haut la main la palme de l’autosatisfaction. Avant même la réunion de Pittsburgh, il déclarait : «les paradis fiscaux, le secret bancaire, c'est terminé !» Sans blague ? Banquiers, spéculateurs et financiers en rigolent encore !


Les grands de ce monde prétendent s’atteler à la régulation du système financier, qu’il s’agisse du montant des réserves des banques ou d’une gestion un peu moins aventureuse des fameux « produits dérivés ». Et, sans doute, en bons défenseurs du système capitaliste, souhaitent-ils effectivement mettre en œuvre quelques garde-fous pour empêcher une nouvelle débâcle financière mondiale.


En même temps, leur « volonté d’empêcher le retour aux pratiques bancaires antérieures » se heurte à la complète liberté de manœuvre que revendiquent sans vergogne les banquiers et qui s’accommode mal de la moindre contrainte. On voit d’ailleurs mal pourquoi les banquiers renonceraient à leurs extravagances : ils peuvent raisonnablement espérer que, si une nouvelle crise survenait, les gouvernements voleraient à leur secours, à grands coups d’argent public, comme en 2008.


Ainsi, même la limitation des bonus des traders (une question sans doute assez secondaire sur le plan économique – quoique – mais hautement significative sur le plan idéologique et politique) sera symbolique et laissée à l’appréciation des États.


Le G20 a aussi confirmé la poursuite des plans de relance qui, concrètement, se traduisent par autant de cadeaux aux entreprises privées, financés sur fonds publics. Par contre, les puissants s’inquiètent déjà des déficits publics : inquiétude qui, en général, annonce de nouvelles coupes dans les budgets sociaux. A propos du sommet de Copenhague, ils annoncent déjà qu’il ne faut pas en attendre grand chose. Quant aux 50 milliards pour lutter contre la pauvreté promis par le G8, il n’en est plus question.


Alors à 7, à 8 ou à 20, c’est toujours la loi des exploiteurs qu’ils défendent !

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Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /2009 13:32


Daysi Zapata est vice-présidente de AIDESEP (ASOCIACION INTERENICA DE DESAROLLO DE LA SELVA PERUANA), organisation à la direction des mobilisations pour la défense de leur peuple et des leurs territoires, contre les tentatives d’applications du Traités de libre échange négocié entre les Etats-Unis et le gouvernement du Pérou et contre les accords d’associations négociés avec l’Union européenne et ce pays.  

 


Ces traités et ces accords signifient la mainmise des multinationales états-uniennes et européennes, par l’exploitation des richesses naturelles des territoires, le déversement des produits chimiques, des substances dangereuses dans les rivières ou dans le sol, contaminant les nappes phréatiques, l’empoisonnant les peuples indigènes et les populations entières qui, dans la plupart des cas, sont des paysans, mais aussi des ouvriers.


Sous la répression du gouvernement Garcia, même si la lutte des peuples originaires a obtenu des victoires partielles, comment se trouve AIDESEP aujourd’hui ?


En ce moment AIDESEP se trouve dans une conjoncture très difficile, parce que le gouvernement a cherché à nous diviser, il a cherché à nous priver de nos directions, ce qui a amené à notre dirigeant à se réfugier au Nicaragua1, mais malgré ces actions, nous n’avons pas baissé les bras, au contraire, nous sortons plus forts, plus puissants. Nous sommes devant une situation très difficile, dans une crise terrible, et le gouvernement au lieu d’assumer leurs responsabilités, sont en train de chercher à convaincre les indigènes à prendre la table de dialogue. Devant cela, il y a une préoccupation de AIDESEP, qui probablement sera contrainte à rompre le dialogue, parce nous ne pouvons pas continuer à subir l’effort des dépenses qui font payer aux frères dirigeants. Mais je répète, nous en sortons forts avec la conviction de continuer les luttes revendicatives parce que AIDESEP ne va pas changer son orientation.


Quelles sont les questions prioritaires posées par AIDESEP aujourd’hui devant les évènements récents en Amérique latine – le coup d’Etat en Honduras, les bases militaires en Colombie, la répression contre les Mapuches au Chili ?


En ce moment AIDESEP doit suivre un agenda très difficile. En ce moment nous demandons au gouvernement d’arrêter la persécution de nos dirigeants, car il y a une forte persécution politique du gouvernement, ainsi nous ne pouvons pas nous asseoir dans une table de dialogue pendant que nos dirigeants sont en persécutés ou sont en clandestinité, ainsi il y a un grand travail de la part de AIDESEP, et nous allons aussi vers les luttes des autres pays frères. Nous devons être respectés, ainsi que les gouvernements doivent respecter les droits humains. Nous devons avoir un regard vers les nouvelles générations parce que sinon elles vont nous rendre coupable en quelque moment pour ne pas défendre l’écologie, l’environnement, pour ne pas défendre la mère nature. Les femmes, plus que jamais, marquent l’histoire avec la ferme conviction de plus grande participation dans la politique, de faire parti des gouvernements pluralistes, parce que le gouvernement les a toujours mis à l’écart. Mais nous sommes ici pour faire entendre la voix des femmes, la voix de la jeunesse, la voix des enfants. 


Qu’est ce que c’est passé à l’occasion de la 75
ème section du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) à Genève ?


Lamentablement, je n’ai pas eu l’opportunité de participer à la réunion du CERD parce que l’ambassade suisse n’a pas voulu me donner le visa pour me déplacer vers l’Europe. C’est grâce aux amis des associations et partis français que j’ai pu venir. Je suis allé à la réunion, mais j’ai du partir en pleurant, quand j’ai pris la parole pour dénoncer la situation des peuples amazoniens quand on m’a fait taire et ne plus dire une parole. Ainsi je porte une mauvaise impression des Nations Unies, parce qu’il y a beaucoup d’injustices, mais ils ne nous écoutent pas. Nous y allons pour faire savoir sur la situation des peuples indigènes et non pas nous faire taire…


Les possibilités de retour de Alberto Pizango ?


Nous avons un travail d’ordre politique et technique pour faire revenir Pizango au Pérou. Nous ne tairons pas parce que Alberto Pizango est innocent. Il est l’un de nos dirigeants, est du Conseil national de AIDESEP et tout le mouvement dans son ensemble de l’Amazonie péruvienne mène un travail très important pour que le gouvernement change de position.


Que pensez vous faire pour le 12 octobre, jour de la Madre tierra (Mère nourricière) ?


Si en octobre il y a une initiative importante en Europe, je serai enchantée d’y participer pour faire écouter la voix des peuples, alors les partis pourront s'unir avec nous. Mais nous voulons aussi écouter les mouvements en Europe.

Nous vivons le moment de s’allier avec nous avec un seul poigne, une seule voix, pour pouvoir vaincre le gouvernement néo-libéral qui veut tuer le mouvement indigène et du Pérou entièrement.


Entretien fait le 16 agosto 2009 par Beatrice Whitaker.

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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /2009 19:17

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Après l'annonce de l'élection d'Ali Bongo, fils du décédé président Omar Bongo, des protestations contre la fraude et l'influence de la France secouent le pays. 


L’opposition gabonaise dénonce une fraude électorale. Elle est, en effet, plus que probable car des irrégularités graves ont été observées. Des images ont montré que l'encre indélébile marquée sur le pouce de chaque électeur pouvait être facilement lavée à l’eau froide. La participation a été visiblement gonflée. Au niveau national, elle a été officiellement de 44 % mais, dans la province orientale du Haut-Ogooué, où le nouveau président avait son fief local, elle serait du double. Un tel pourcentage ne peut s'expliquer que par le bourrage des urnes.


Ali Bongo n’aurait probablement pas gagné l’élection sans la fraude massive et beaucoup de Gabonais le considèrent comme une marionnette de la France. Depuis l'indépendance du Gabon, en 1960, la France est en effet massivement présente dans ce pays riche en pétrole et en uranium et n’a jamais cessé de contrôler les décisions fondamentales de sa politique. En février 1964, elle a restauré, en quelques heures, le pouvoir du président Léon M'ba qui, après avoir dissous l'Assemblée nationale, s'était fait renversé par une mutinerie de ses soldats. En mai 1990, face au mouvement pro-démocratie alors à son apogée, les parachutistes français sont intervenus à Port-Gentil, la seconde ville du pays et son port pétrolier, pour rétablir la production pétrolière interrompue par ELF, l’ancêtre de Total.

Aujourd’hui, Total contrôle une majeure partie de l’économie du pays et ce n’est pas un hasard si trois de ses stations d'essence ont été détruites à Port-Gentil et si le consulat français y a été brûlé. C’est le fruit de la colère, légitime, d’une bonne partie du peuple gabonais.


Omar Bongo, le père d’Ali, a régné sans partage sur le Gabon, de 1967 à sa mort, le 8 juin. Il a financé la plupart des grands partis politiques en France (droite, PS et FN), redistribuant ainsi une  partie de la rente pétrolière. Celle-ci est détournée au détriment de la population gabonaise qui demeure majoritairement pauvre dans un pays riche. La clique corrompue au pouvoir, dont le clan Bongo, profite de cette rente. Sa majeure partie est cependant accaparée par des « intérêts français ».


Ali Bongo a jusqu'ici mené une vie de « gosse de riche » sans aucun intérêt pour la politique, faisant toute sa formation en France. Dès le mois de juillet, on aprenait que « les services » de la France et les émissaires de l’Elysée ─ dont le trouble « conseiller Afrique » de Sarkozy, l'avocat Robert Bourgi ─ misaient sur une succession « dynastique » après la mort d’Omar Bongo. Aujourd’hui, 150 parachutistes sont déjà intervenus à Port-Gentil, pour « protéger le consulat et les ressortissants français ». La première revendication, ici en France, doit au contraire être le retrait des troupes et la fermeture de la base militaire française à Libreville (un millier de soldats). 

Bertold du Ryon 

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