Education

Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /2009 19:42


La nouvelle mouture de la réforme des lycées, présentée par Sarkozy, vise à adapter l’enseignement à la baisse des moyens et à contrôler les jeunes pour les sélectionner et en exclure certains.


Dix mois après le retrait du projet Darcos, Sarkozy a annoncé, le 13 octobre, les grandes lignes de la réforme des lycées qui devrait entrer en application dès la rentrée 2010. Sans doute pour éviter toute mobilisation avant les régionales, le projet a été sensiblement édulcoré par rapport à celui qu’il avait dû retirer en 2008 face à la mobilisation lycéenne faisant suite à celle de la jeunesse grecque. Il ne s’agit pas pour autant de simples aménagements. Cette réforme comporte de réels dangers et de nombreuses zones d’ombre.


L’une des mesures phares permettra aux lycéens de disposer de deux heures d’accompagnement. Leur emploi du temps n’est pas alourdi, mais cela signifie une baisse du volume horaire d’enseignement.


Réalisé « à moyens constants » – 16 000 postes seront supprimés l’an prochain –, ce soutien sera donc effectué par des enseignants payés en heures supplémentaires, voire par des étudiants de master (cf. le rapport Descoings). Le recours aux « locuteurs natifs » pour un meilleur apprentissage des langues étrangères (sans allègement des groupes de langues, mais par la mise en place de « groupes de compétences »), les partenariats culturels et les stages de « remise à niveau » pendant les vacances participent de la même logique d’adaptation et de poursuite de la suppression de postes (80 000 en cinq ans).

On a tout lieu de s’inquiéter aussi du volet « orientation » de la réforme, quand dans le même temps le service public d’orientation est remis en cause au profit de la généralisation de plateformes Internet. L’orientation en cours de parcours scolaire, sous prétexte du « droit à l’erreur » et à la « réorientation », risque de conduire à l’éviction vers la voie professionnelle les élèves les plus fragiles et de renforcer le tri social.


La revalorisation des bacs technologiques et le « sauvetage » de la filière L semblent bien loin d’une remise en cause de la hiérarchie des filières et de l’hégémonie de la sacro-sainte filière S. En outre, la fin progressive du caractère national du bac, seule garantie aujourd’hui d’une relative équité entre les candidats, est à l’ordre du jour, avec notamment l’introduction d’un contrôle continu sans garde-fous. La place du livret de compétences et son articulation avec le baccalauréat doit être à cet égard un sujet d’inquiétude, d’autant plus qu’il contribuera au fichage des élèves et des étudiants.


Enfin, Sarkozy renforce encore l’autonomie des établissements, dans un premier temps pour l’organisation du soutien. Pour lui, « il est clair que de nouveaux équilibres doivent être imaginés », ce qui annonce des aménagements de programmes et d’horaires à la discrétion des établissements et une remise en cause du principe d’égalité entre les lycées.


Ce projet, loin d’être une réformette, accompagne la saignée de l’enseignement public. Il convient donc de préparer une riposte à la hauteur. C’est possible à condition que les principales organisations syndicales soient plus déterminées à construire le rapport de forces qu’elles ne l’ont été jusqu’ici
.

Par Comité Montargis - Publié dans : Education
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /2009 18:51

Travailler plus pour gagner plus....

Bingo !


Les stages de remise à niveau sont organisés à destination des élèves de CM1 et CM2 rencontrant des difficultés en français ou en mathématiques.

Des maîtres et maîtresses se sont proposés pour encadrer ces stages dans le but d'aider les élèves en difficulté certes, mais surtout d'améliorer leur propre niveau de vie.

Compréhensible en cette période économique très délicate.

Ces stages, tous les élèves ne peuvent pas forcément y participer.

Pendant les vacances, certains élèves partent, d'autres ont des activités culturelles ou sportives.


Et puis la définition du mot « vacances »...


Le bilan de ces stages, constat positif ?

Travail en petit groupe, aide individualisée, quelquefois délocalisé...

Bilan plus réservé que l'aide personnalisée; les retours sont plus mitigés.


D'autant plus que les enseignants concernés ne connaissent pas forcément les élèves car ceux-ci viennent d'écoles différentes. Une nouvelle fois la concertation n'est pas évidente à mettre en place. Le contenu du soutien proposé est défini selon les résultats des dernières évaluations (orientation de travail fortement conseillée par la hiérarchie).


Cette aide est donc loin d'être individualisé.


Bravo Monsieur Darcos ! Bien manoeuvré... Politiquement et médiatiquement.


Politiquement car cette proposition correspond effectivement à une nécessité pédagogique que les enseignants demandent depuis longtemps mais une nouvelle fois, pas en dehors des périodes scolaires.


Médiatiquement car si les enseignants refusent, quelle image renvoyée par les fonctionnaires auprès des parents !


Allons notre gouvernement veut aider les plus en difficulté. C'est bien connu.


Quelle démagogie !

Mais attention aussi aux dérives :

« Recherche élèves en difficulté pour compléter mon stage de remise à niveau. »

Excessif peut-être, mais méfiance toutefois...

Le soutien scolaire est un droit et un devoir mais sur le temps institutionnel réglementé.

Les enseignants le réalisent déjà en classe en pratiquant une pédagogie différenciée. Mais c'est insuffisant car les effectifs et les moyens existants ne permettent pas une aide pour tous.

Cet enseignement personnalisé doit être réalisé pendant le temps scolaire.

Le personnel et les moyens pédagogiques nécessaires pour aider les élèves en difficulté doit se recentrer sur le temps scolaire prévu à cet effet.

Les stages de remise à niveau, stratégie sournoise de culpabilisation indirecte organisée par l'état en profitant d'un pouvoir d'achat en baisse est très pernicieuse et efficace...

Efficace tant que des enseignants participeront à ces stages.


Ne cautionnons pas cette méthode de travail incompatible
 avec un enseignement
de qualité et égalitaire.


L'argent investit pour financer ces stages doit revenir de plein droit dans le cadre

du temps scolaire.


Exigeons une école laïque publique digne de ce nom.


Une école empreinte de justice où tous et toutes doivent avoir les mêmes droits.


L'éducation doit être une priorité nationale.

Par Patrick - Publié dans : Education
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /2009 18:20

« Le SNUipp appelle l'ensemble des enseignants des écoles à suspendre l'aide

personnalisée durant la période du 11 au 23 mai.

Il s'agit pour les enseignants de réaliser un 2ème bilan d'étape, à l'issue duquel le SNUipp interpellera le ministère, afin d'obtenir la remise à plat du dispositif :

prendre le temps de mesurer son efficacité, comparer les incidences des différentes organisations sur la vie des enfants et les conditions de travail des enseignants, élaborer des propositions. »
Source : « Fenêtre sur cours n°326-30 mars 2009 »



L'aide personnalisée est obligatoire pour les enseignants.

(décret n°2008-463 du 15 mai 2008)


Elle peut avoir lieu le midi, le soir ou le mercredi après concertation lors
d'un conseil des maîtres.


Elle se limite à deux heures par semaine.


Et le rythme scolaire dans tout ça ? On verra plus tard.


Pas tout en même temps....


De nombreux enseignants s 'accordent à dire que l'aide personnalisée permet aux
élèves d'améliorer leur niveau scolaire notamment en raison du travail de soutien réalisé en petit groupe. Une évidence peut être ?

Mais surtout la preuve que le maître supplémentaire par école, revendication demandée depuis des années à notre institution, était bien une solution pour les élèves en difficulté.


Revendication tombée dans les oubliettes...


Seulement aujourd'hui, l'organisation demandée aux enseignants pour mettre en
place cette aide personnalisée nuit à la concertation entre collègues.

La concertation, là aussi une revendication des enseignants pour parfaire leur organisation pédagogique.


Mais voilà maintenant, à quel moment la proposer ?


Que va bientôt nous imposer Monsieur Darcos ?


A suivre...

 

Par Patrick - Publié dans : Education
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